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Sistema Rolando Toro

Archives 2004

Sistema Rolando Toro

 

Archives 2002 / 2003 / 2005 / 2006 / 2007 / 2008

 

Catalogue complet des archives

 

janvier :

Biodanza et action sociale par Rolando Toro Araneda

février :

Biodanza : La danse de la vie par Ugo Rizzo

mars :

Biodanza et maladies psychosomatiques par Rolando Toro Araneda

avril : La Biodanza pour les enfants et les adolescents par Monica Turco
mai :

L’éthique : un absolu humain par Rolando Toro Araneda

juin :

La vivencia : fins épistémologiques par Eugenio Pintore

juillet-août : Biodanza et Cancer par Rolando Toro Araneda
septembre :

Corrélation entre la Biodanza, la neurologie, l’immunologie et l’endocrinologie par Claudete Sant’Anna

octobre : Evolution du concept d’harmonie par Rolando Toro Araneda
novembre :

Biodanza : la danse de la vie par Eugenia Audisio

décembre : La place du langage verbal en Biodanza par Rolando Toro Araneda

 

Article du mois de janvier 2004

 

Biodanza et action sociale par Rolando Toro Araneda

 

La dimension sociologie de la Biodanza commence dans un sentiment émouvant et profond de fraternité et non dans une idéologie humaniste. C’est l’activation de noyaux innés de lien qui permet une modification sociale en profondeur. Les dits « changements sociaux de fond », basés sur la lutte politique, sont des changements externes où les personnes sont les grands absents. Les régimes totalitaires l’ont bien démontré. On change une classe pour une autre.

 

Les éthologues et sociologues classiques ont parlé d’un « instinct grégaire ». Sans doute, il existe un facteur instinctif de cohésion entre les individus d’une espèce, lié à la survie. Von Uexkull a proposé, d’une façon géniale, l’idée que l’espèce est l’organisme et l’individu est l’organe. Il a conçu les nœuds  de lien biologique entre les membres de l'espèce avec une grande profondeur. Actuellement, nous savons que ce lien "invisible" transcende l'espèce et que nous sommes essentiellement et indubitablement liés par le processus de la vie et de tout l'univers.

 

Ces considérations éthologiques, biologiques et anthropologiques confirment seulement un fait: le lien entre les humains est une fonction bio-cosmique. L'être humain, soumis à un processus de développement historico-culturel, à l'intérieur duquel il naît et grandit, expérimente la plus violente déformation de ces impulsions d'affinité naturelle pour sa propre espèce. La pathologie de notre culture insiste, par ses moyens de communications et ses institutions, sur le développement d'attitudes de ségrégation, de rejet, d'agression et d'exploitation des autres personnes.

 

La culture est structurée sur un schéma de pouvoir et s'approcherait de ce que Chance appelle « société agoniste »: un mode de regroupement zoologique basé sur la tension et la peur provoquée par l'émergence du mâle le plus fort, le groupe se disposant autour de rôles et de hiérarchies de pouvoir, maintenant une vigilance permanente face à des situations de dangers pour lesquelles les uniques réponses possibles sont la lutte, la fuite et l'évitement. Chance oppose à ce mode de regroupement social agoniste, la dite société hédoniste dans laquelle la tension entre les individus est constamment diminuée par le contact: les baisers, les caresses, les étreintes. La forme agoniste a été observée chez les singes japonais, javanais et Rhésus. Et la forme hédoniste chez les grands singes: chimpanzé et gorille. Si nous extrapolons ces catégories éthologiques sur le plan humain, nous pourrions comparer les gouvernements totalitaires avec la société agonistes et on pourrait formuler une hypothèse évolutive pour expliquer l'apocalypse actuelle: l'être humain se serait glissé, au travers de son évolution, vers la ligne agoniste, amenant ces modes de relation agressive jusqu'à ses ultimes conséquences.

 

Le  nœud  de notre problématique sociale serait de modifier notre schéma de vie agoniste et le transformer, progressivement, en un style de vie hédoniste ou, au moins, introduire dans le schéma agoniste l'élément fondamental capable de diminuer la tension entre les humains: le contact, la caresse, la fonction lucide d'offrir du contenant à l'autre.

 

Ce changement ne peut être seulement idéologique. Il s'agirait d'activer les noyaux innés, biologiques, instinctifs et émotionnels du contact corporel.

 

La transformation sociale comprendrait donc, du point de vue de la Biodanza, d'une part, l'activation hypothalamique des vivencias de contact et d'affectivité et, d'autre part, la destruction des tabous sexuels, politiques, religieux et psychiatriques.

 

La destruction des tabous sexuels a commencé avec Freud, a pris de la force avec les conceptions de Wilhelm Reich et s'est étendue avec les penseurs contemporains, comme Aldous Huxley, Bertrand Russell, Herbert Marcuse, Michel Foucault, Ronald Laing, Carl Rogers et des écrivains comme D.H. Lawrence, Henry Miller, Allen Ginsberg, Violette Leduc, Jean Genet. Il est curieux que les sexologues aient très peu apporté à la chute des tabous sexuels.

 

Si le processus de destruction des tabous sexuels commence récemment, l'érosion des idéologies politiques est aussi un fait historique qui peut être détecté sociologiquement.

 

Le désenchantement des idéaux de changement social par la politique est un processus en expansion. Il y a peu de personnes intelligentes et informées qui, actuellement, proposent les consignes du totalitarisme ou des dites démocraties bourgeoises. La révolution fasciste a montré son visage devant les fours crématoires instaurés par Hitler.

 

Dans différents pays d'Amérique et d'Afrique, des délinquants institutionnalisés gouvernent les peuples avec des mains baignées de sang. Actuellement, aucune personne intègre ne sympathise avec le terrorisme institutionnalisé. Le totalitarisme a montré aussi son visage sinistre dans la bureaucratie assassine de Staline et dans la violence exercée contre la pensée créatrice. Les démocraties ont montré leur visage au Vietnam et dans l'exploitation, ouverte ou dissimulée, des pays dépendants.

 

Dans notre conception, nous nions de voir une différence substantielle entre ces trois grands systèmes. Notre proposition consiste à commencer de nouveau, avec honneur, en activant nos potentiels innés de lien hominisant. Commencer de nouveau, en soignant notre propre malignité stupide, et apprendre les leçons de l'histoire.

 

Un programme de changement social pourrait se résumer par les points suivants:

 

 

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Article du mois de février 2004
 

Biodanza : La danse de la vie par Ugo Rizzo

 

« La plus subversive de toutes les disciplines est celle qui se base sur la joie de vivre, sur le droit à l’amour et au contact … »

                                  Rolando Toro Araneda

 

Dans le processus incessant de la vie, chaque être vivant à en lui la sagesse infinie de savoir reconnaître instinctivement les conditions idéales pour sa meilleure expression et sa meilleure évolution. En toutes circonstances, en tous lieux, dans n’importe quel climat ou latitude, chaque organisme vivant existant sur la planète utilise toute son énergie pour réaliser ces conditions optimales qui répondent à l’appel mystérieux de la vie. Et si à chaque moment, sur la terre, la vie attire la vie, cela ne semble plus avoir de la valeur pour le plus évolué de ses habitants. Parmi toutes les créatures, en fait, seul l’homme semble avoir perdu la boussole biologique qui le dirige vers la pleine réalisation de ses potentiels. Le plus évolué de tous les êtres, le seul capable d’éprouver de l’amour, de sentir « l’émotion de la vie », de s’émouvoir, de jouir, de vibrer et de palpiter s’est profondément éloigné de sa connexion innée à la vie et à la nature.

 

A partir de cette observation fondamentale naît l’histoire de la Biodanza, une histoire longue et magnifique de la passion d’un homme et de son destin. Une histoire qui commence il y a plus de 30 ans à Santiago du Chili et arrive finalement à nous grâce à la persévérance, à l’ingéniosité et à l’intuition de Rolando Toro, psychologue, poète et musicien chilien. Professeur émérite du centre d’études d’Anthropologie médicale de Santiago, Rolando Toro a commencé simplement à observer l’être humain. Lui, l’homme normal, l’homme contemporain, l’homme du vingtième siècle, celui qui dans les encyclopédies et dans les livres d’école est défini comme « moderne, évolué, cultivé, civilisé, avancé ». Rolando Toro a regardé l’être humain, ses habitudes, ses comportements, ses maladies et, désespéré, n’a pas compris. Il n’a pas compris pourquoi l’attitude la plus répandue de la société humaine moderne était celle d’inhiber et de contrôler par tous les moyens tout ce qui chez l’être humain est génétique, spontané, libre et naturel. Il n’a pas réussi à comprendre pourquoi la soit-disante civilisation, au lieu de favoriser une évolution globale de l’homme, avait des conséquences néfastes qui atrophiaient progressivement chez l’individu toutes les impulsions les plus simples et les plus naturelles telles que la joie, l’élan vital, le plaisir, l’exaltation créative, la tendresse, l’amour, le désir sexuel, l’amitié, la béatitude, etc.

 

Je crois qu’une telle constatation n’a pas besoin d’autres preuves que celles de notre propre expérience de vie. Chacun de nous a certainement eu l’occasion de constater, dans sa propre vie, la réalité quotidienne d’une société toujours plus fatiguée, superficielle, sclérosée … une société dans laquelle, chaque jour, les gestes et les pensées se mécanisent, les émotions et les plaisirs se robotisent, en pleine et totale contradiction avec la cohérence évolutive qui a depuis toujours contredit l’évolution de la vie sur notre planète. L’homme contemporain s’est drastiquement éloigné de la compréhension des rythmes et des cycles de la nature. Un tel éloignement est scandé en lui par un combat intérieur entre tout ce qui fait simplement partie de sa nature et tout ce qui, au contraire, est lié à des « commandements » sociaux, éducatifs et religieux,  franchement détachés de la vie et en grande partie le fruit d’un besoin exaspéré de règles qui naissent seulement d’une profonde peur de vivre totalement.

 

Qu’est-il donc arrivé à cet homme moderne capable d’atteindre, en même temps, des niveaux de connaissance plus élevés et tant de désolation existentielle ? Ses questions sont arrivées à maturation en 1965 lors d’un congrès de médecine organisé par Francisco Hoffman, un médecin innovateur qui soutenait une thèse révolutionnaire (pour l’époque) selon laquelle l’origine émotionnelle de la maladie, des troubles psychologiques et des dissociations pathologiques qui touchent l’humanité doit être reliée aux difficultés affectives de l’homme au sein de sa culture. Ceci fut l’intuition primaire qui a fait comprendre à Rolando Toro le point central autour duquel il a élaboré le modèle théorique du système Biodanza.

 

« Un progrès technologique, porteur fou d’une vision toujours plus détachée, matérialiste et rationnelle de la vie a fait payé à notre temps et à notre époque le prix le plus fort : un progressif dessèchement  du potentiel affectif et émotionnel de chaque être humain. Une progressive dissolution du plus beau don que l’existence a fait à l’homme ».

 

Comprenant avec tant de clarté ce point, Rolando Toro décide que c’est exactement de là qu’il doit commencer l’œuvre de reconstruction. Il commence donc patiemment à élaborer un système qui intervient sur cette insensibilité autodestructrice et amorce le plus rapidement possible un réel et profond processus de guérison. Un processus de réintégration qui a comme objectif primaire la reconstitution du noyau affectif blessé des êtres humains. Son défi personnel fut la création d’un système capable de guérir doucement notre intimité blessée, notre confiance blessée, notre candeur blessée, notre capacité d’être vivant blessée. Un système qui n’est ni traumatique, ni cathartique mais qui réveille nos instincts les plus sains et les plus naturels et nos liens génétiques avec la vie.

 

Il décide donc de recourir aux trois possibilités les plus importantes pour toucher et stimuler notre noyau affectif si profond, si fragile et si apeuré : la musique, le mouvement naturel du corps et la chaleur de la rencontre humaine.

 

La musique

Pour tout ce qui se passe en Biodanza, on utilise le langage éternel et intemporel de la musique. La musique est la vibration qui arrive directement à l’âme et qui réussit à parler au cœur de toutes les personnes. La musique est le véhicule pour avancer au-delà du mental et sentir et exprimer l’unité que nous sommes. En Biodanza, la musique a la fonction spécifique de stimuler et d’éveiller des émotions. Pour cette raison, toutes les musiques utilisées sont le fruit d’une recherche soignée de sémantique musicale afin de choisir les morceaux les plus aptes à éveiller telles émotions qui, dans leur ensemble, réveillent et stimulent toutes les fonctions vitales des participants aux ateliers. Toutes les musiques choisies sont donc « le meilleur » morceau musical existant pour chaque exercice particulier prévu dans le système Biodanza. Ont donc été choisies (par Rolando Toro et par d’autres chercheurs musiciens) des musiques de tout genre : de la samba au jazz, du rock à l’afro, de la soul à la musique classique, des musiques ethniques aux musiques tribales.

 

Biodanza

Le nom Biodanza est formé par le préfixe grec « bios » qui signifie vie et du mot d’origine française « danse » qui signifie mouvement plein de signification. De l’union de ces deux mots naît la signification poétique de « Danse de la Vie ». Il est très important de comprendre le sens plus profond du terme danse alors que sa signification plus commune peut faire croire que la Biodanza est une proposition qui demande une technique, des pas de danse, des postures ou d’autres modèles à assimiler. Ce n’est pas ainsi. Ce qui est entendu, c’est le sens plus profond du terme danse, compris dans sa signification sémantique originaire.

 

Ne plus exprimer nos émotions, communiquer avec les autres d’une façon non expressive, faire des gestes et des mouvements du corps mécaniques et répétitifs, sans sensibilité et variations créatives sont des habitudes toxiques qui vont être libérées par la récupération d’un mouvement intégré dans lequel, pour chaque geste, tout l’être trouve son expression. Le geste simple plein de signification, rempli d’émotions, plein de vie est danse. Marcher détendu et heureux sur la lune est une danse, étreindre une main amie est une danse, se perdre dans les yeux de l’autre est une danse … la Danse de la Vie précisément, qui demande à ne suivre aucun autre modèle que le sien propre, dépouillé de toutes les inhibitions et de toutes les peurs.

 

Comment agit la Biodanza

La musique, le mouvement dansé du corps et la chaleur qui jaillit de la rencontre avec les autres êtres humains, renverse complètement l’expérience normale de la réalité à laquelle nous sommes habitués. A partir d’une approche quotidienne, habituellement mentale et corticale avec la vie, par des exercices spécifiques, on passe à un autre type de langage et de communication qui diminuent temporairement les fonctions du cortex cérébral pour faciliter l’accès à l’émotion, aux sentiments, au recueillement, à la perception sensible de soi et des autres. A partir de la prédominance absolue du mental rationnel, on passe dans un espace où la parole, comme par magie, ne sert plus, et le langage devient celui du silence et de l’émotion, de la musique et du mouvement, les uniques canaux réellement efficaces pour réveiller doucement toutes les fonctions de notre être sacrifié et inhibé par les blessures intérieures bien connues qui accompagnent l’histoire de chacun de nous.

 

Les cinq lignes vitales de l’être humain

Pour faciliter la compréhension de sa vision et pour exprimer d’une façon synthétique le concept de « potentiel humain », Rolando Toro a sélectionné cinq fonctions existentielles communes à tous les hommes : la Vitalité, la Sexualité, la Créativité, l’Affectivité, la Transcendance.

 

L’ensemble de ces fonctions qui s’entrecroisent entre elles sans solution de continuité, représente la sphère globale de l’être. Les personnes saines et équilibrées développent dans le cours de leur vie toutes ces cinq fonctions fondamentales. Beaucoup cependant n’en développent que quelques unes au détriment des autres. Certains, par exemple, développent la ligne érotique sans le développement de la ligne affective, d’autres développent la ligne de transcendance sans arriver à un pareil développement de la ligne érotique.

 

La Biodanza travaille en stimulant graduellement les lignes les moins développées avec l’objectif d’arriver à un meilleur équilibre entre elles et ainsi à une harmonie de l’être plus profonde et plus globale.

 

La vitalité est la fonction qui a à voir avec le mouvement, l’énergie, le dynamisme et l’élan vital. La sexualité est la sphère qui comprend notre intimité et notre capacité de contact sensuel avec l’autre. La créativité est liée à notre capacité d’expression intuitive et à notre instinct d’exploration. L’affectivité comprend notre capacité à éprouver de l’amour, de la solidarité, de la générosité, notre sens d’appartenance et de fraternité.

 

La transcendance est la fonction humaine la plus subtile et méconnue, liée à toutes les sensations intérieures de plénitude, d’expansion, de perception et d’intime communion avec toutes les manifestations de la vie. A travers le mouvement ému favorisé par la musique, tout se transforme et prend des connotations nouvelles. La perception de soi se transforme, la sensibilité de son propre corps se ravive, les tensions et la rigidité s’amenuisent mais, surtout, la communication et les relations avec l’autre se font sous une autre lumière. Dans les instants d’approche et de contact avec l’autre, un canal s’ouvre dans lequel les identités réciproques se fondent, s’activent l’une l’autre et se nourrissent réciproquement du besoin respectif d’entrer dans la dimension de l’amour, de la solennité et de la joie de vivre.

 

Il n’y a pas d’autres raisons que celles-ci d’apporter la Biodanza dans sa vie. Des raisons qui parlent au cœur, qui nous poussent à avancer pour reprendre ce qui nous a toujours appartenu et qui répondent surtout à la nature pure de l’homme, au besoin incessant et millénaire de sa sagesse intérieure et à sa profonde nécessité de redécouvrir – ici et maintenant – comment danser à chaque instant sa propre vie au son sûr et amical de sa propre musique intérieure.

 

« Mathématiquement, il n’existe aucune possibilité que nous existions. Mais nous EXISTONS. Pour cela, nous devons incorporer en nous la sacralité de la vie, le miracle de la vie … parce que la signification de notre passage dans le monde est d’exalter la vie … de créer encore de la vie … d’ajouter de la vie à la vie »

                                     Rolando Toro Araneda

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Article du mois de mars 2004
 

Biodanza et maladies psychosomatiques par Rolando Toro Araneda

 

Introduction

La médecine psychosomatique, à partir de Franz Alexander, Margolin, Dunbar, Rof Carballo, Lopez Ibor et, plus récemment P. Pancheri, F. Antonelli, M. Biondi, a établi avec une clarté scientifique la relation entre les problèmes émotionnels et les troubles neurovégétatifs, endocriniens et immunologiques.

 

Il est largement démontré par de nombreuses recherches scientifiques qu’une série de maladies, telles que l’hypertension artérielle, l’asthme, l’arthrite rhumatoïde et la céphalée due aux tensions, ont leur origine dans les conflits émotionnels.

 

La proposition de la Biodanza est d’agir à travers des exercices spécifiques qui déclenchent des émotions intégrantes pour favoriser l’autorégulation organique.

 

L’unité psychosomatique

N’importe quelle maladie, d’un mal de tête à une néoplasie (tumeur), provient d’un trouble de la totalité de l’organisme. Penser à la maladie comme à une altération d’un organe ou d’un système isolé a été l’erreur la plus dramatique de la médecine. L’organisme humain n’est pas un ensemble de pièces isolées, mais un ensemble de circuits fonctionnels dont la totalité est plus grande que la somme de ses parties.

 

Il y a chez les êtres vivants divers systèmes de régulation intra-organique qui assurent le fonctionnement de l’organisme comme unité autorégulée.

 

Le système nerveux, le système endocrinien et le système immunitaire fonctionnent en parfaite cohérence. Tout changement émotionnel influe sur les trois systèmes. Cette unité est conçue écologiquement. L’environnement influe profondément sur les réponses physiologiques. L’organisme humain est un hologramme vivant.

 

Maladies psychosomatiques

Voici une brève liste de quelques maladies psychosomatiques :

 

Les maladies psychosomatiques ont leur origine dans les conflits émotionnels et dans le stress chronique.

Victor von Weizacker a découvert le chemin qui va « de l’émotion à la lésion ». Ceci signifie que certaines émotions donnent origine à des lésions organiques.

 

Arthur Jores a décrit 1500 « maladies de la civilisation » causées par nos styles de vie et nos conflits.

 

Ces points de vue nous permettent de comprendre jusqu’à quel point les processus de la civilisation semblent aller en parallèle avec l’annihilation de la vie.

 

Théories des maladies psychosomatiques

 

 

 

Il a établi quelques corrélations entre l’émotion et la symptomatologie psychosomatique :

 

Situation déclenchante

Réaction psychique

Réaction somatique

 

Perte

 

Tristesse

 

Pleurs

(glandes lacrymales)

 

Examen

 

Tension anxieuse

 

Sueur

(glandes sudoripares)

 

Révélation gênante

 

Honte

 

Rougeur

(système vasculaire)

 

Peur

 

Peur

 

Palpitation

(système cardio-vasculaire

 

 

 

Ces deux expressions « psychisation » et « somatisation » sont exclusives. Ainsi, une personne qui élabore l’angoisse à travers le délire psychotique ne développe pas de cancer, par contre, le malade du cancer ne développe pas de schizophrénie.

Stress et maladies psychosomatiques

Le stress est une réaction à l’adaptation non spécifique de l’organisme face à des facteurs stressants externes ou internes.

 

Cannon a proposé la théorie de l’urgence, concentrant son intérêt sur les altérations organiques de caractère aigu, comme l’angoisse morale, la colère soudaine, la douleur intense, la sensation aiguë de faim.

 

Hans Selye a décrit le modèle de stress en orientant ses recherches vers les altérations somatiques soumises à des surcharges prolongées. Il a observé que les états d’angoisse chronique, la rage, la peur et les conflits émotionnels permanents auront des effets organiques.

 

Tant le syndrome d’urgence de Cannon que le stress produit par les surcharges chroniques ont en commun la libération d’une hormone de la médulla de la glande surrénale : l’adrénaline et l’activité de l’hypophyse.

 

Selon Cannon, dans les cas d’urgence, il se produit la libération de l’adrénaline et les signes organiques suivants : pâleur, tachycardie, hypertension, dilatation de la pupille, contraction des muscles arrecteurs des poils, respiration profonde, immobilisation gastro-intestinale ; en fait l’organisme se prépare à répondre avec des réactions de lutte ou de fuite face à l’urgence.

 

Alexander fonde son modèle des maladies psychosomatiques sur les observations de Cannon, lorsqu’il considère les caractères sympathicotoniques (adrénergiques) des maladies comme l’hypertension et l’hémicrânie.

 

Selye a considéré les surcharges nocives de caractère physique, chimique ou psychique comme des facteurs de stress et les a nommé stresseurs. L’organisme essaye de s’adapter aux stresseurs par un mécanisme qui a un axe hypothalamus – hypophyse – glandes surrénales et qu’il a appelé Syndrome Général d’Adaptation (SGA). Cette réaction non spécifique face à n’importe quel stresseur évolue en trois étapes :

  1. Réaction d’alarme

  2. Etat de résistance

  3. Etat d’épuisement

 

Emotions et maladies psychosomatiques

Heyer, Dunbar, Alexander et d’autres ont observé une haute corrélation entre certaines émotions et quelques maladies psychosomatiques. Sur ces maladies influent également des facteurs environnementaux.

 

Maladie psychosomatique

Emotions dominantes

Effets thérapeutiques par la Biodanza

Colite ulcéreuse et diarrhée psychogène

Efforts sans espoir de réalisation. Peur de marcher dans la vie. Désespoir

Défi de « marcher dans la vie ».

Exercices d’expression de l’identité

Asthme

Manque de contenant affectif de la part des personnes significatives. Répression des pleurs chez l’enfant. Difficulté de communiquer l’intimité

Exercices de régression avec contenant affectif

Dialogue intime évoquant les parents

Cérémonie de communication intime.

Exercices de caresses

Hypertension

Inhibition de la rage. Hostilité réprimée. Désir de plaire

Exercices d’expression de la rage.

Danse du Tigre

Danse d’opposition

Arthrite rhumatoïde

Accent de l’expression des émotions par le biais des muscles et répression rigide de tels élans

Danses d’expression des émotions par le biais des muscles.

Danse yin

Dermatites

Besoin de contacts physiques

Rencontres et caresses

Hyperthyroïdie

Crainte de base de la survie, besoin de dépendance

Exercices d’expression de l’identité

 

Effets de la Biodanza dans le traitement des maladies psychosomatiques

Du point de vue psychologique, la Biodanza est une technique anxiolytique, c’est-à-dire réductrice de l’anxiété. Le stress produit par des conflits émotionnels tend à baisser rapidement.

 

Dans le domaine psychologique encore, elle modifie le style de vie et crée de nouvelles motivations de vie.

 

Du point de vue biologique, la Biodanza est une technique d’intégration intra-organique. Ceci signifie que la pratique de la Biodanza intègre l’organisme à tous les niveaux : émotionnel, neurologique, endocrinien et immunologique. Pour cette raison, elle a des effets guérisseurs et de réhabilitation dans les cadres cliniques les plus divers.

 

Nous avons dit que von Weizacker a décrit le chemin qui va « de l’émotion à la lésion ». En Biodanza, on décrit le chemin inverse : « de la lésion à l’émotion » (intégrante).

 

Le manque d’affection, la dépendance, l’hostilité réprimée, des conduites répétitives, le manque d’estime de soi, des tendances inconscientes à l’autodestruction, des sentiments de culpabilité, la frustration sexuelle, etc. provoquent des maladies psychosomatiques.

 

L’asthme, l’hypertension artérielle, l’arthrite, les troubles auto-immuns se génèrent dans des conflits émotionnels et dans les difficultés d’expression émotionnelle.

 

Le travail de diagnostic doit être fait sur l’étude des troubles émotionnels, sur les niveaux de répression émotionnelle, sur le style de vie et sur la structure de l’identité.

 

L’expansion de l’identité génère la santé, la joie de vivre, de nouvelles formes de communication affective et l’érotisme.

 

Le traitement spécifique de diverses maladies psychosomatiques consiste en la pratique de la Biodanza avec des exercices adéquats à chaque cadre clinique.

 

Le programme de Biodanza pour les maladies psychosomatiques inclut :

 
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Article du mois d'avril 2004

La Biodanza pour les enfants et les adolescents par Monica Turco

La Biodanza est une proposition d’intégration affective, de renouvellement organique et de réapprentissage des fonctions fondamentales de la vie. Sa pratique permet d’activer le potentiel de chacun par le renforcement d’émotions saines et leur expression cohérente, ainsi que par l’éveil à l’apprentissage vivencial (apprentissage fondé sur les affects, l’auto perception, l’expression de soi, l’échange spontané et la motivation).

 

La Biodanza permet de construire la compréhension et la connaissance de soi, de l’autre et du monde (cognition) à partir de la perception intime de ceux-ci.

Les exercices sont structurés à partir du Modèle Théorique de la Biodanza (développement des potentialités génétiques, c’est-à-dire de toutes les possibilités présentes chez l’individu dès sa naissance, et qui attendent, pour s’exprimer, de trouver des conditions favorables).

 

Les outils de la Biodanza sont la musique (stimulation permettant d’exprimer une émotion intégrée au mouvement), le mouvement (entrer en action, exprimer par le corps) et la vivencia (instant vécu avec intensité).

 

Mode de réalisation 

Les séances de Biodanza se proposent en groupe. Le jeu est un élément fondamental car il permet l’expression spontanée et favorise l’intégration rythmique, motrice et affective à un niveau à la fois individuel et collectif. C’est grâce à la joie présente dans le jeu que l’on propose de stimuler l’intégration de chaque participant et de restaurer le sentiment d’appartenance au groupe.

 

Les exercices proposés pour favoriser l’intégration sont, par exemple :

Les tensions musculaires et les rigidités articulaires (cou, épaules, hanches, genoux) sont travaillées progressivement par des danses au ralenti (mouvements lents, ronds, agréables, en détente). Ces danses permettent l’autorégulation organique (action/repos, assimilation) à la base de l’unité psychocorporelle de l’individu.

Objectifs de la Biodanza pour enfants et adolescents

1.       Intégration du groupe

Relations harmonieuses et saines dans le groupe.
Coopération et récession des comportements de compétition et de pouvoir.
Acceptation des différences et de la diversité.

2.       Stimulation de l’autorégulation organique

Meilleure gestion de l’énergie en fonction des phénomènes liés à l’action, au repos, à la récupération et à l’assimilation.

3.       Intégration psychomotrice au niveau individuel

3.1    Elévation du niveau de vitalité
Développement de l’action dans le mouvement (développement de la capacité d’expression dans le mouvement actif)

Augmentation du tonus musculaire.
Capacité de variation de vitesse dans le mouvement (lent/rapide).
Développement de la synergie dans le mouvement (intégration des hémisphères cérébraux).
Développement de l’élan vital dans le mouvement et dans l’action (l’élan de réponse à une stimulation extérieure ou à une impulsion interne).
Développement de la puissance du mouvement (concentration de la force, de l’intention motrice et de la tonicité musculaire en vue de réaliser une action avec motivation).
Développement de l’agilité dans le mouvement.
Développement de la détermination dans le mouvement.
Intégration rythmique dans les danses individuelles et à deux.
Développement de l’élasticité (des muscles, des tendons, des articulations).
Développement de l’équilibre en mouvement.
Développement de la capacité d’expression dans le mouvement actif.
Ouverture de la cage thoracique et des bras dans les danses avec déplacement.
Perception du propre espace (en soi et autour de soi).
Perception de l’espace de l’autre et de l’interaction entre le propre espace et celui des autres.
Stimulation globale du système sympathique (fonctions biologiques liées à la survie).

3.2 Intégration psychomotrice affective

Intégration psychomotrice affective (danses d’harmonisation et développement de la capacité d’expression et de la sensibilité dans le mouvement lent)
Développement de la capacité de coordination motrice fine.
Développement du mouvement harmonieux.
Développement de l’élasticité dans les mouvements lents.
Développement de la capacité à ralentir.
Développement de l’équilibre.
Développement de la perception des mouvements internes.
Développement de la capacité à diminuer le tonus musculaire pour la réalisation de mouvements lents et sensibles.
Développement de la sensibilité globale.
Développement de l’acuité sensorielle.
Développement de la capacité d’adaptation à un rythme lent dans les danses individuelles et à deux.
Développement de la sinuosité du mouvement.
Développement de la fluidité dans le mouvement lent.
Dissolution des tensions musculaires.
Stimulation globale du système parasympathique (fonctions biologiques liées à l’assimilation et à la régénérescence organique).

4. Intégration du mouvement expressif et de l’émotion

5. Développement de la capacité à percevoir les possibilités d’autorégulation et d’adaptation au sein du groupe

6. Apprentissage de l’initiative et de la relation en feed-back

7. Dissolution des tensions émotionnelles

8. Intégration du contact physique dans la communication

9. Développement de la capacité de communication et de contact par le regard

10.   Développement de la capacité d’exprimer verbalement des contenus émotionnels, vivenciaux subjectifs et conceptuels.

11.   Développement du sens esthétique

12.    Développement de la capacité d’intégrer le concept d’apprentissage organique par la vivencia (autorégulation existentielle)

13.   Démontrer, par la vivencia, que l’apprentissage survient grâce à l’intégration entre expression et émotion, selon des temps différents pour chaque individu (objectif particulièrement destiné aux enseignants)

14.   Développer la curiosité et la faculté d’attention chaque fois que l’apprentissage est attendu et souhaité.

15.   Expérience de la diversité comme possibilité d’enrichissement.

 

Durée nécessaire à l’application

Dans le cas spécifique de l’institution scolaire (maternelle, primaire ou secondaire), la durée minimale pour obtenir des résultats concrets est de 10 séances. Les objectifs sont divers mais entretiennent entre eux des relations étroites. Ils seront développés tout au long des séances approfondissant les points les plus importants pour la vie du groupe concerné.

 

Il est certain que la profondeur avec laquelle seront assimilés les différents concepts proposés, sera d’intensité variable et dépendra de la durée de l’expérience, de la disponibilité des participants et l’intensité de leur investissement.

 

L’idéal serait de créer une activité continue dans un établissement, afin que chaque classe puisse être initiée à la Biodanza au moins une fois (un cycle complet de 10 séances) dans l’année.

 

Suivi

Pendant tout le parcours, il est procédé à des vérifications grâce à l’observation, les entretiens personnels éventuels, les témoignages, les échanges avec les parents et enseignants. Une fiche d’accompagnement est remise aux enseignants pour le suivi de chaque élève.


Suivant l’âge concerné, l’élève reçoit une fiche d’auto évaluation.

 

Réalisation

Les séances sont conduites par un facilitateur titulaire de Biodanza Système Rolando Toro, spécialisé en Biodanza pour enfants et adolescents. Il est secondé, lors de ces séances, par un auxiliaire familiarisé avec les enfants (enseignant, éducateur). La séance se déroule sans observateurs.

 

Le projet a pour priorité l’épanouissement des enfants et non pas leur adaptation à un système donné. Les règles générales de l’établissement sont donc respectées, cependant la mise en place du projet doit permettre d’établir un cadre propre à cette expérience et donc une certaine flexibilité.

 

Matériel

Une salle suffisamment grande en fonction du groupe. Groupe de 20 élèves maximum. Parquet de préférence. Chaîne stéréo pour la musique. En cours de travail, du matériel de dessin (papier, gouache, couleurs) sera nécessaire, ainsi que de l’argile à modeler (facultatif).

 
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Article du mois de mai 2004

 

L’éthique : un absolu humain par Rolando Toro Araneda

 

Il existe une différence fondamentale entre l’éthique et la morale.

 

L’éthique est l’expression la plus profonde du comportement relationnel humain.

 

La morale est un ensemble de valeurs culturelles qui régissent le comportement d’une communauté.

 

L’éthique est donc le résultat d’un processus évolutif individuel, alors que la morale est un ensemble de normes créées par des communautés dans le but de réguler la vie en commun. La morale est coercitive, elle se base sur la tradition et les coutumes du groupe.

 

L’éthique est une attitude interne qui a essentiellement une composante affective et une conscience individuelle.

 

La morale est une spécificité culturelle, alors que l’éthique a une essence personnelle.

 

Dans certains pays, le chef d’Etat doit avoir un comportement sexuel assez correct du point de vue moral pour conserver son statut politique; il est libre cependant d’ordonner les bombardements sans défenses, ce qui est un manque absolu d’éthique.

 

A conscience éthique se génère dans l’enfance et est le résultat de l’évolution qui, par étape, donne un sens aux sensations, à l’expression préverbale et à l’apparition de l’intimité. Cette dernière représente le plaisir, la chaleur et la sécurité.

 

Pour l’adulte sans conscience éthique, il me semble que l’unique chemin est la pratique de la Biodanza qui a un effet régressif et, à partir de l’expérience du « retour à l’état d’enfant » et celle de la régression à l’innocence, restaure la structure émotive.

 

En Biodanza se réalise l’interaction préverbale, l’exploration corporelle, le sens des sensations par la caresse, l’expression de l’affectivité, la capacité d’intimité.

 

L’organisme humain a des conditions innées pour l’expression de la conscience éthique mais, au cours du développement, elles ont tendances à disparaître à cause de la culture égoïste.

 

Nous pouvons dire que nous avons perdu la sainteté, il nous manque Dieu, le Dieu intérieur de la compassion et de la tendresse.

 

Nous nous transformons en des êtres arides, compétitifs, violents, en des êtres sans sainteté, sans sentiment intime de bonté, sans fraternité infinie.

 

La transcendance n’est pas seulement l’extase avec la nature, mais l’énergie enveloppante qui lie l’amour avec l’amour. Telle est la vivencia du divin. Il nous manque le Dieu intérieur. Plusieurs personnes cherchent le Dieu à l’extérieur, mais Dieu est notre sens de la compassion et de la tendresse. L’individualisme anglo-saxon et l’anxiété du pouvoir annulent totalement la conscience éthique.

 

Le niveau suprême d’évolution humaine est la conscience éthique; comprendre qu’être avec l’autre c’est être avec soi-même.

 

L’empathie, la capacité à se mettre à la place de l’autre, est la condition essentielle de la conscience éthique. L’empathie est la capacité à se mettre aux pieds de l’autre.

 

L’architecture émotive de ‘esprit organise tout le comportement et c’est en elle qu’est le potentiel d’amour infini.

 

Pour plusieurs personnes, le processus de « développement intérieur » consiste à dépasser les peurs de la sexualité, avoir plus confiance en soi, bien communiquer avec les personnes, exprimer ses émotions, etc. Malgré la légitimité de ces objectifs, la véritable évolution consiste à atteindre la conscience éthique, c’est-à-dire la sainteté de la relation entre les êtres humains, la compassion et la tendresse.

 

Mais comment contrôler la violence qui vient de l’extérieur ? S’agit-il aussi de « comprendre » le mal ? La relation avec le mal est un processus très complexe pour lequel il faut du courage pour mettre des limites (dans la mesure du possible) sans perdre la compassion.

 

La conscience éthique permet de voir le conflit de haut et de décider du comportement adéquat.

 

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Article du mois de juin 2004

 

La vivencia : fins épistémologiques par Eugenio Pintore

 

La complexité de la réalité, sa totalité demande une approche multiple, dans laquelle les formes du discours, l’émergence des modalités, les relations, les expériences ont la parole en même temps.

 

Une épistémologie systémique et transdisciplinaire est le premier pas vers une nouvelle conception du savoir et de la connaissance.

 

Le pas suivant est encore plus profond.

 

Il s’agit de connecter le savoir avec l’expérience, avec la profondeur et la totalité de notre être vivant. Sur ce point, les réflexions théoriques ne sont pas encore nombreuses. La connaissance est considérée comme une activité séparée de la totalité des constituants affectifs, instinctifs, émotionnels, en résumé de la corporéité considérée dans sa totalité.

 

Même la neurophysiologie a cherché à isoler le système nerveux cérébral dédié à l’activité cognitive du tout, le dotant d’une autonomie fonctionnelle propre. Ce qu’on appelle conscience, mental, que ce soit intellectuel ou réflexif, la recherche a cherché à séparer, à diviser de façon cartésienne la « res cogitans » de la corporéité.

 

Il est évident que, d’un point de vue systémique, ceci n’est plus acceptable : en raisonnant encore avec une conception fragmentée des aires cérébrales, il semble indispensable de procéder à une théorie modulaire du fonctionnement cérébral dans laquelle chaque partie interagit toujours avec toutes les autres (cf. le connexionnisme).

 

Encore moins acceptable est celui de donner au concept de connaissance une valeur plus grande qui inclut les relations du système humain avec lui-même et avec son propre milieu ambiant, démontrant surtout un préjugé qui privilégie le discours logico-rationnel.

 

Dans cette perspective, la proposition de la Biodanza, avec le point central qu’elle donne à la « vivencia », à l’émotion, à la musique, au mouvement – aspects qui sont apparemment éloignés de n’importe quel objectif connu – offre un horizon nouveau pour unir l’expérience et la connaissance.

 

Elle cherche surtout à valoriser tout ce qui est sous-tendu comme un terrain fécond au domaine logico-linguistique, en manifestant les racines sur lesquels l’art comme la science peuvent grandir comme expressions de la vie humaine.

 

La vivencia intense comme expérience profonde et intégrée de notre être ici et maintenant peut fournir un modèle très efficace pour une connexion de la connaissance en syntonie avec une perspective vraiment systémique, une connaissance qui surpasse tout privilège du logico-déductif en faveur d’une conception « symphonique » de l’activité cognitive, dans laquelle tous les composants de l’être humain, de la perception à l’imagination, de l’émotion au mouvement, convergent vers la connaissance de soi et du monde.

 

Ce qui s’expérimente dans la vivencia est surtout cet effet de résonance du multiple : une expérience intégrée qui relie avec les autres et avec le monde qui ouvre de nouvelles voies de perception et de compréhension.

 

Une expérience également cognitive mais non limitée à l’observation ou à la représentation : plutôt une connaissance vécue, participative.

 

Il n’est pas facile de rendre dans le vocabulaire de la science ou de la philosophie ce qu’est la vivencia.

 

Nous pouvons la segmenter dans les langages les plus divers : dire par exemple dans le langage de la représentation que la vivencia est considérée comme un état descriptible en termes biologiques en lien avec les variabilités physiologiques mesurables et vérifiables : une certaine pression artérielle, un certain flux hormonal, une prévalence de certains neurotransmetteurs plutôt que d’autres et ainsi de suite … ; et tout ceci ne dit rien de la vivencia. Nous pouvons dire le « visible » de la vivencia, par exemple, une certaine mimique faciale mais là encore la « vivencia » échappe.

 

La vivencia se comprend de façon empathique.

 

Nous voyons une mère caresser son fils et, d’une façon empathique, non seulement nous comprenons ce qui se passe, mais nous sentons ce qui arrive.

 

Cette capacité empathique procède à des niveaux de compréhension absolument pré-catégoriels par rapport auxquels la description est absolument insuffisante. La réflexion vient toujours après.

 

Comment donc rendre compte du pouvoir cognitif de la vivencia ?

 

Nous devons avoir recours à des métaphores : dire par exemple que dans la « vivencia » nos capacités sont potentialisées parce que s’ouvre une modalité qui dépasse celle du langage analytique, parce qu’elle fait appel à des potentialités cognitives originaires et innées dans lesquels l’analogique, l’émotif, l’instinctif peuvent dépasser les limites et les confinements imposés par la prévalence du modèle logico-rationnel, des préjugés culturels, des ossifications linguistiques. C’est l’expérience d’un nouveau mode de connaissance intégré à l’être propre et à l’être du monde.

 

Ces affirmations ne sont pas sans conséquence du point de vue épistémologique : cela signifie surtout redonner au concept de « connaissance » une dimension plus vaste que celle prévue par le discours scientifique et plus proche, dans ce sens, du domaine esthétique. Une tragédie, un tableau, une poésie, un mythe parlent de la réalité avec une profondeur et une amplitude qui échappent à de nombreuses descriptions scientifiques.

 

Je dis beaucoup et de loin pas tout dans le sens où, outre le mécanicisme et le déterminisme, la science de notre temps a ouvert des perspectives d’une grande résonance vivenciale. La théorie de la relativité de Einstein, le principe de l’indéterminisme de Heisenberg, la théorie des catastrophes de Thom, la découverte de l’ADN, la théorie du chaos et encore d’autres ont ouvert des horizons, non seulement à de nouvelles connaissances mais à de nouvelles façon d’expérimenter la réalité qui sont celles des vivencias de totalité.

 

La Biodanza enseigne de ce point de vue à ne pas renverser, sans discrimination, le rapport entre la science : il ne s’agit pas d’abandonner le discours scientifique pour celui d’un savoir plus intuitif ou de l’esthétique mais de comprendre leur portée vivenciale.

 

Quand on pense, par exemple, à la théorie de l’ordre implié de Bohm, la référence est non seulement « scientifique » mais aussi vivenciale. Si nous parlons du principe biocentrique mais sans vivencia, il reste un pur concept vide ; si nous parlons d’affectivité et de sexualité mais sans vivencia, cela ne signifie rien ; finalement si nous parlons de transcendance mais sans vivencia, celle-là se transforme en une pure conception philosophique vide.

 

Ce que nous sommes en train de dire est en fait paradoxal. Parce que, si la vivencia en Biodanza est considérée comme un abandon de l’attitude représentative, descriptive, analytique  propre à la science en faveur d’un nouveau rapport, précisément vivencial, avec le monde, comment pouvons-nous encore parler de science, de savoir ?

 

Je crois que le centrage épistémologique de la vivencia conduit à l’intégration du savoir, non à l’opposition.

 

Nous avons besoin d’une nouvelle image du savoir. Donner au savoir la caractéristique du vivant, cette caractéristique que nous connaissons bien dans la vivencia, dans laquelle la séparation entre le visible et l’invisible est dépassé, où le corps est tout un avec l’imagination et l’émotion, dans laquelle nous sommes tout un avec le monde, faits de la même matière éternelle, insérés dans le flux d’une vitalité sans limite.

 

Nous parlons de transdisciplinaire dans le sens horizontal, mais aussi multidimensionnel en référence à la profondeur, à l’intensité, au signifié, au sens.

 

Il y a de l’extase dans la science, il y a de l’émotion, il y a le plaisir et l’enthousiasme ; comme il y a de la connaissance dans l’émotion, il y a de l’intelligence dans l’instinct, il y a de la « science » dans l’art.

 

En dépassant l’antique distinction dans l’univers du savoir, les limites deviennent mobiles, un océan s’ouvre à la navigation, une navigation encore toute à faire.

 

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Article du mois de juillet-août 2004

 

Biodanza et Cancer par Rolando Toro Araneda

 

Selon certains auteurs (Shavelson, Ikemi, Fornari, Toro), le cancer est le résultat d’un profond désordre affectif. A partir de cette hypothèse, il est possible de créer une prophylaxie et parfois de guérir des néoplasies récentes en réalisant des actions qui intègrent l’organisme à différents niveaux.

 

La Biodanza a un effet harmonisant de l’affectivité étant donné qu’elle stimule le Système Intégrateur Adaptateur Limbique  Hypothalamique (SIALH), par la stimulation de « vivencias » intégrantes.

 

Les élaborations de la souffrance, de la frustration et de la rage sont généralement très altérées chez les malades du cancer. Ces émotions peuvent être mieux élaborées par des «&nb