Accueil Article du mois Bibliographie  

 

 

 

Articles 2012

 
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Catalogue complet des archives

 

janvier : Des instincts aux décisions existentielles par Raul Terrén
février : Conférence au congrès sur la vieillesse à Milan en décembre 2009 par Rolando Toro Araneda
mars :

Neuromusicologie: une approche neurophysiologique et philosophique par Carmen Helena Gessinger et Lilan Rose M. da Rocha

avril : Intelligence affective et éducation biocentrique par Ruth Cavalcante
   

 

Article du mois de janvier 2012
 

Des instincts aux décisions existentielles par Raul Terrén

www.terrentoro.com

 

Le mystère d’être vivant pourrait se limiter à savoir quand s’ouvrir et quand se fermer, quand dire oui et quand dire non, quand se nourrir de l’environnement et quand se réfugier.

 

De la perméabilité de la cellule qui lui permet d’être autonome dans sa relation continuelle avec le milieu, à la capacité de différenciation et d’intégration dont a besoin un être humain, tous les organismes vivent dans l’incertitude de savoir si chacune de ses petites décisions quotidiennes, s’ouvrir ou se fermer, dire oui ou dire non, ont été des décisions adéquates.

 

Dans le cas de l’antilope qui a décidé de boire de l’eau au fleuve, bien qu’elle sente de la peur à pouvoir être attaquée par un lion, sa décision est de vie ou de mort dans l’instant.

 

Dans notre cas, les conséquences d’un éloignement de notre famille pour accepter un travail très exigent tardera à se faire sentir mais affectera sûrement notre qualité de vie, la rendra plus agréable ou plus difficile, stimulera mon état de santé ou me rendra malade.

 

Nous avons trois grandes questions existentielles: Où vivre? Avec qui vivre? Que faire dans la vie?

 

Les réponses à ces questions nous disent combien nous sommes connectés à nous-mêmes et nous montre l’expression de notre identité.

 

Je propose d’organiser le modèle des douze instincts de Biodanza en lien avec ces trois questions de la manière suivante:

 

Où vivre? se réfère à quatre instincts du modèle proposé par Rolando Toro: maternel, de nid, migratoire et équilibre – paix – repos.

 

L’instinct maternel, peut-être le plus important de tous les instincts, est mis ici parce que le giron, les bras de la mère ont certainement été notre premier refuge et le nid le plus sûr dans les premières années de notre vie. C’est extraordinaire de se rendre compte que le où vivre pour un nouveau-né est un avec qui. N’en serait-il pas  ainsi pour nous adultes et nous ne nous en rendrions pas compte?

 

L’instinct de nid est la possibilité de se reposer en sécurité. Dans l’échelle proie – prédateur,  on est plutôt proie quand on se repose et dot et c’est pour cela que le nid est si important. Je crois que ceci est complètement négligé par notre société.

 

L’instinct migratoire est la possibilité de rencontrer des nids alternatifs ou des milieux nourrissants pour l’expression de notre identité.

 

L’instinct d’équilibre – paix – repos est la possibilité d’harmonie, de syntonie avec la totalité. Rencontrer notre lieu dans le monde.

 

Avec qui vivre? inclut quatre autres instincts:

Sexuel, séduction, grégaire et fusion.

 

L’instinct sexuel est l’instinct qui assure la survie de l’espèce, d’où sa puissance extraordinaire, rencontrer le fétiche, la rencontre érotique.

 

L’instinct de séduction est la capacité à générer n’importe quel type de lien, de faciliter la rencontre avec les personnes.

 

L’instinct grégaire est la base de la cohabitation, des groupes, de la famille, de la communauté.

 

L’instinct de fusion est la capacité d’identification avec les personnes, peut-être le secret de l’amour.

 

Que faire dans la vie ? englobe les quatre autres instincts :

Alimentaire, lutte – fuite, exploratoire et auto-centrisme.

 

L’instinct alimentaire reflète notre capacité de travail pour obtenir de la nourriture.

L’instinct de lutte – fuite est comment se maintenir en vie.

L’instinct exploratoire permet notre créativité existentielle.

L’instinct d’auto-centrisme est la connexion avec nous-mêmes.

 

L’expression de l’instinct serait peut-être la manifestation première des décisions qui engagent totalement l’expression de mon identité.

 

Il me plairait de dire que l’instinct est une capacité phylogénétique de prise de décisions, grâce à laquelle l’animal ou l’être humain nait avec une orientation décisionnelle, une certaine orientation dans la pénombre, pour laquelle il a besoin de l’aide des autres, surtout quand il est plus avancé dans l’échelle évolutive. Dans ces premiers choix, le « corps » sait, l’émotion guide et il y a aussi un acte cognitif de « savoir que faire ».

 

S’appuyer sur la poitrine de la mère en sentant les battements de son cœur et téter le sein serait peut-être le premier acte cognitif du nouveau-né. Rien n’est conscient parce qu’il n’y a pas de conscience de soi, il n’y a pas de dissociation corps esprit, le bébé est en vivencia complète.

 

Ici surgissent l’inconscient émotionnel et l’inconscient cognitif.

 

L’inconscient vital ou psychisme cellulaire proposé par Rolando Toro serait le premier pas d’un être vivant pour manifester l’intelligence de la nature.

 

A un deuxième niveau, nous pourrions parler d’un inconscient émotionnel et à un troisième d’un inconscient cognitif.

 

Chez l’adulte, il y aurait une triade qui se rétro-alimente pour le faire bouger dans le monde, qui irait de la décision au niveau cellulaire de créer une nouvelle vie ou générer un cancer, jusqu’aux décisions existentielles de où vivre, avec qui vivre et que faire dans la vie.

 

Les décisions existentielles surgissent d’un dialogue entre émotion et pensée, entre l’inconscient et la conscience. Le corps sait et le mental veut comprendre.

 

Haut de page

Article du mois de février 2012
 

Conférence au congrès sur la vieillesse à Milan en décembre 2009 par Rolando Toro Araneda

 

Je remercie de tout mon cœur pour l’invitation que vous m’avez faite et pour ce public enchanteur et intelligent, en recherche d’une nouvelle dimension des  problèmes humains dans leur phénoménologie existentielle, dans leurs aspects cliniques. Je connais les personnes âgées, puisque je me connais moi-même. J’ai eu l’occasion, au cours de ma vie, de connaître des personnes âgées, dans différentes conditions : maisons de repos, maisons de retraite, instituts cliniques de gérontologie et surtout dans les cours de Biodanza spécifiques que j’ai créés pour les personnes âgées.

 

La vision traditionnelle de la personne âgée est celle de la décadence, de pertes des conditions sociales, vitales, créatives et affectives. Cette idée que la personne âgée est dans un  processus de détérioration est absolument critiquable.

 

Nous sommes à l’aube d’un nouveau temps où l’on découvre que la personne âgée a des valeurs et des potentiels tardifs. Ainsi, de la même façon qu’il y a des potentiels précoces dans la jeunesse, il y a des potentiels tardifs qui se manifestent à la maturité. Voici des exemples chez des personnes extraordinaires, Mozart, Liszt, Schubert furent des musiciens précoces. Il y a aussi dans le domaine des mathématiques ou de la chimie des potentialités précoces, de jeunes mathématiciens ont fait des découvertes exceptionnelles, entre autres : Gödel, Newton, Einstein  ont fait des découvertes mathématiques tôt dans leur vie. Il y a aussi des potentiels précoces chez les enfants dans le domaine de l’informatique, dès cinq ans les enfants essayent de jouer avec l’ordinateur et ils ont aussi le potentiel des jeux compétitifs.

 

Je peux donner quelques exemples aussi de potentiels tardifs chez des génies de l’humanité mais ces potentiels existent chez toutes les personnes âgées. Les génies les ont développés parce qu’ils ont eu dans leur environnement des situations stimulantes. Nous avons par exemple, pour les potentiels tardifs dans la peinture, Picasso qui en 1905 a peint les Saltimbanques mais qui 40 ans plus tard a peint Guernica, la Paix, une œuvre qui a pu prendre toute sa grandeur grâce à la vieillesse. Nous pouvons nommer un autre cas, en poésie, Rainer Maria Rilke dont on pouvait déjà voir le talent dans ses œuvres de jeunesse mais chez qui trente-cinq à quarante années plus tard on a vu le génie. Les Sonnets à Orphée, par exemple, sont une porte ouverte à l’expansion de la conscience. Un cas sensationnel est celui du Titien qui en 1542, quand il avait 66 ans, a peint le Couronnement du Christ avec une grande beauté. Quand il eut 90 ans, il fit la même peinture mais avec une grandeur transcendante où le Christ n’était plus un homme qui souffrait mais avait la luminosité, la transcendance et la profondeur d’un dieu. Ainsi, dans les arts et chez les génies on voit les changements extraordinaires pouvant se produire pendant la vieillesse. Il y a aussi des cas comme Einstein qui a découvert tôt la théorie de la relativité restreinte et qui de nombreuses années plus tard  est arrivé à la grandeur de la physique, au génie absolu avec la découverte de la formule E = MC2 et par la recherche incessante de l’unité énergétique dans l’univers. Einstein, après ces grandes découvertes en physique, a développé une philosophie humaniste de grande dimension. Il est sorti de la physique pour englober le destin de l’homme. Quand il a vu le bombardement de Hiroshima et Nagasaki il est tombé à genoux. Sa pensée était miséricordieuse et intelligente dans sa vieillesse.

 

A moi il me plaît beaucoup de dire vieux, de dire je suis vieux. Parce que c’est merveilleux d’être vieux.

 

Ainsi, avec différentes observations, et en observant également le progrès de mes amis qui vieillissaient concernant la profondeur et l’amplitude de leur vision de l’humanité et de l’existence, j’ai formulé le concept de potentiels tardifs. Je l’ai fait il y a très longtemps, beaucoup d’entre vous n’étaient pas encore nés quand je l’ai formulé.

 

Dernièrement, Rita Levi-Montalcini, prix Nobel de Médecine, a découvert que le cerveau se rénove et a découvert un facteur de croissance neuronale. Pour que le cerveau croisse en nous les vieux, il faut utiliser le cerveau. Ainsi, la science, par ses représentants les plus fameux, confirme l’idée de la rénovation cérébrale et des potentiels tardifs chez les personnes âgées. Rita Levi-Montalcini est italienne et a 100 ans. C’est une femme merveilleuse qui non seulement a étudié les sciences et a fait des découvertes neurologiques mais a écrit aussi des livres d’un bon sens et d’une profondeur psychologique, protestant avec force contre les injustices. Elle a écrit un livre sur l’importance d’être imparfait.

 

Un autre scientifique italien très important qui vit actuellement en Italie est Ernest Rossi. Il a découvert que la rénovation biologique peut se produire tardivement dans le passage de l’ADN vers l’ARN, donc vers le phénotype et que les personnes, d’une certaine façon, peuvent rénover des aspects de leur corps et des aspects de leur mental en les rajeunissant. Ainsi la personne âgée a la capacité d’aimer aussi passionnément que les jeunes. La personne âgée, face à l’amour, face au sexe, est beaucoup plus proche de l’érotisme que les jeunes. L’amour épiphanique, l’amour d’âme à âme que propose Emmanuel Lévinas est caractéristique des personnes matures. Pour que cela se passe, dans la théorie de Rossi, il faut qu’il y ait un environnement enrichi qui est un terme scientifique même si cette phrase semble banale. L’environnement enrichi a une signification scientifique très précise.

 

C’est par exemple un environnement dans une séance de Biodanza, en comparaison avec la vie quotidienne. Dans la vie quotidienne nous recevons une étreinte pour notre anniversaire et pour la nouvelle année : deux étreintes et si nous avons de la chance nous en recevons aussi une ou deux en plus de nos amis. Mais en 2 heures de séance de Biodanza, une personne reçoit 40 étreintes. Ceci est un environnement enrichi ; 40 étreintes, avec en plus la musique, avec des mouvements expressifs et émotionnels, avec des contacts physiques, avec le regard dans les yeux, avec l’euphorie du groupe, dans une solidarité affective importante. Ainsi, l’environnement enrichi en Biodanza est un chaudron de transformation vivenciel.

 

En Biodanza, nous développons les potentiels tardifs. Je vais nommer quelques potentiels tardifs. La personne âgée va acquérir une nouvelle dimension du temps, de la temporalité parce que sa place dans la vie se termine. Chaque instant de la vie, pour la personne âgée, est un trésor, un ici-maintenant précieux. Quand un ami prend une tasse de thé avec son compagnon, cela semble être un acte quotidien, parce c’est un acte banal mais pour la personne âgée cela peut être un moment éternel : simplement boire une tasse de thé avec un ami. Ici je souhaite mentionner Rainer Maria Rilke qui dit que le quotidien parle à voix basse avec l’éternité. Pour nous, chaque moment est précieux, ce n’est pas une chose puérile, juste pour passer le temps. L’expérience de la réalité acquiert une profondeur et une essentialité énorme. Les jeunes sont plutôt formalistes même s’ils aimeraient être des transgresseurs, les personnes âgées par contre sont plus essentielles. Un jeune regarde une fille et regarde la forme de son corps, ses provocations, ses seins et d’autres parties plus ou moins sublimes de sa personnalité. La personne âgée voit son âme, elle a comme un troisième œil pour se connecter avec l’âme de la personne. Elle n’est pas formelle, elle est essentialiste.

 

Un autre potentiel tardif est la capacité de faire de grandes synthèses. Ne pas s’arrêter sur les détails. Les grandes synthèses philosophiques et scientifiques ont été faites par des personnes matures. Martin Heidegger dans « Etre et Temps » qui est déjà une œuvre mature fait une synthèse puissante. Nous arrivons trop tôt pour les dieux et trop tard pour l’être. Nous sommes un poème inachevé. Heidegger cependant s’est arrêté à mi-chemin. Nous ne sommes pas un poème inachevé. Dans le fond, quand nous vivons dans l’instant éternel, le poème est complet. C’est ce qu’a réussi à apercevoir Emmanuel Lévinas, un grand philosophe contemporain.

 

Les sessions de Biodanza pour les personnes âgées ont eu comme résultat d’être, non seulement une thérapie de soin pour certaines affections, mais aussi une prophylaxie, une prévention.

 

Imaginez que pendant une session de Biodanza avec des personnes âgées, celles-ci marchent sur une musique. Elles incorporent la musique et ne se rendent pas comptent qu’elles dansent et suivent le rythme.

 

Beaucoup d’approches concernant les jeunes et les vieux ont un caractère solipsiste. Ils ne se touchent pas, le contact est interdit parce qu’il y a des risques érotiques. Ces risques ont été définis comme tels par les idéologies et les religions. Les religions en Orient et en Occident ont calomnié la sexualité parce qu’il n’y a rien de plus innocent, de plus pur, de plus transparent que le désir d’être très proche d’une personne et d’échanger des caresses.

 

Le fait est que la personne âgée a besoin d’être caressée. Elle a besoin de recevoir des massages caressant et non des massages musculaires.

 

La motricité de la personne âgée s’améliore notablement avec la Biodanza, ceci étant dû à la motivation. Il y avait un homme âgé qui traînait les pieds en marchant pour arriver à la session de Biodanza mais qui pendant la session courait heureux derrière les femmes. Ainsi, la motricité de la personne âgée devient rigide et s’appauvrit parce qu’il lui manque des motivations à bouger.

 

Dans le domaine affectif, la personne âgée quitte son autoritarisme et se rend compte que les êtres humains sont intéressants et enchanteurs. Quand elle les étreint, elle sent que quelque chose en elle récupère de l’énergie. Ce n’est pas une sensation subjective, l’étreinte peut provoquer des changements organiques qui peuvent être mesurés. Avec le nouveau système de scanner, on peut voir que les caresses produisent des changements dans les organes internes, augmentent le battement cardiaque, changent le péristaltisme intestinal, la respiration s’approfondit et il y a des déflagrations d’hormones. Ainsi, une étreinte te met en marche. Avec le contact, les personnes âgées récupèrent la confiance en elles parce beaucoup d’entre elles trouvent que le fait d’être vieux a moins de valeur, est une déficience.

 

J’aimerais vous dire que la Biodanza est une activité de choix pour les personnes âgées. Des musiques euphorisantes, des musiques tendres, des musiques romantiques éveillent en elles une richesse affective endormie. Ce n’est pas que les personnes âgées ne l’ont pas mais elles ont besoin de stimuli.

 

Cette nouvelle vision de la personne âgée, avec les potentiels tardifs, avec les capacités pouvant être réveillées par un environnement enrichi tel que le définit Rossi, avec la rénovation cérébrale et la croissance hormonale décrites par Rita Levi-Montalcini, avec les neurones miroirs qui permettent la fécondation des cerveaux, est d’une importance sociale immense. C’est une révolution sociale et politique.

 

Quand nous parviendrons à profiter des potentiels tardifs des vieux, le monde sera meilleur.

 

Merci.

 

Haut de page

Article du mois de mars 2012
 

Neuromusicologie: une approche neurophysiologique et philosophique  par Carmen Helena Gessinger et Lilan Rose M. da Rocha

 

Introduction

Notre approche initiale se fait par les chemins parcourus par le son, dès le moment où il est capté par le sens de l’audition jusqu’à son processus final dans le cerveau. Ce processus est d’une grande complexité car, en plus de l’aspect neurophysiologique en soi, il implique des aspects en lien avec différentes émotions et expériences de vie de chacun.

 

Etant donné ce caractère primordial de la musique dans la vie de l’être humain, nous cherchons une réflexion philosophique où nous récupérons la nature vibratoire du son en tant que générateur du processus de transformation, car la musique est considérée par beaucoup de scientifiques comme une habileté innée de l’homme.

 

Perception musicale

La perception musicale est une tâche extrêmement complexe car elle comprend différents aspects, modèles et associations découlant de la complexité de la musique et des différences émotionnelles, des expériences et de l’entraînement de chaque individu.

 

Tous ces aspects ont un effet significatif sur comment et où le cerveau traite la musique et ce traitement comme un tout commence par le sens de l’audition.

 

L’audition est le sens le plus ancien que nous avons car il est le premier à se former dans le ventre de la mère. Il commence à la 4ème semaine de gestation et mûrit au 5ème mois. Il est le seul organe sensoriel à atteindre une complète différenciation et sa taille adulte vers la moitié du développement fœtal.

 

Quand nous entendons un son, notre oreille externe le capte, le focalise, le transfère et conduit l’onde de pression sonore (l’énergie sonore) par le canal auditif vers la membrane du tympan.

 

Le tympan vibre et cette vibration est transmise aux osselets, agissant directement sur le marteau de sorte que, avec l’enclume et l’étrier, il oscille en réponse au son et, par un mouvement mécanique (énergie mécanique) de la pression il conduise le sont du milieu gazeux vers le milieu liquide de l’étape suivante.

 

Ces osselets sont dans l’oreille moyenne qui fonctionne comme un transformateur acoustique.

 

L’étrier pousse la cochlée qui se situe dans une cavité dans l’os temporal (oreille interne) créant une pression variable sur le fluide à l’intérieur.

 

Dans la cochlée, il y a des cellules ciliaires qui sont les récepteurs sensoriels. Elles vont générer les stimulations électriques par des séquences de décharges nerveuses (énergie nerveuse) vers le nerf auditif qui va les transmettre au cerveau, dans le cortex auditif qui se situe dans le lobe temporal.

 

La cochlée sépare les sons complexes en fréquences élémentaires et chaque cellule ciliaire est perfectionnée pour différentes fréquences de vibration, sachant que dans le cerveau nous avons aussi des cellules qui répondent plus spécifiquement à certaines fréquences.

 

Le nerf auditif qui a reçu une information nerveuse des cellules ciliaires va transmettre les données au tronc cérébral qui va filtrer les informations et les amener au thalamus qui va diriger l’information vers le cortex ou la bloquer.

 

Cette fonction de « portier » nous permet, par exemple, de prêter attention à un seul instrument de l’orchestre. Le cerveau traite la musique à différents endroits : il y a beaucoup d’aires auditives dans le cortex cérébral et il est difficile de les délimiter. La perception musicale englobe les aires primaires, secondaires et tertiaires du système auditif (A1, A2 et A3), les aires d’association auditive (AA) dans les lobes temporaux et l’Aire de Wernicke qui est liée à la perception du langage et du traitement de la majorité des fonctions intellectuelle du cerveau et se localise dans l’aire adjacente.

 

Les aires auditives primaires qui reçoivent les signaux de l’oreille interne par le thalamus sont impliquées dans les premières étapes de la perception musicale, telles que la fréquence d’un son, les contours mélodiques et le volume.

 

Les aires secondaires traitent les modèles plus complexes d’harmonie, de mélodie et de rythme.

 

Les aires tertiaires adjacentes donneraient une perception générale de la musique.

 

Selon des études réalisées à l’institut de physiologie de la musique et de la médecine de l’art à Hanovre, en Allemagne, le côté gauche du cerveau semble traiter des éléments de base comme les intervalles musicaux et les rythmes et le côté droit reconnaîtrait les caractéristiques comme la métrique et le contour mélodique.

 

Le cortex auditif primaire est « raffiné » par l’expérience, de sorte que plus de cellules deviennent beaucoup plus réactives aux sons et tons musicaux importants.

 

Ce raffinement, induit par l’apprentissage, affect les traitements dans l’aire auditive secondaire et dans les aires d’association auditive, où on suppose qu’il y a les traitements des modèles musicaux plus complexes comme l’harmonie, la mélodie et le rythme.

 

Apprendre à jouer d’un instrument réorganise différentes aires cérébrales comme, par exemple, les aires motrices, le corps calleux et le cervelet.

 

Cette réorganisation se fait par la plasticité neuronale, où il y a une augmentation du nombre de synapses et de neurotransmetteurs, ainsi qu’une augmentation de la puissance des synapses existantes et la formation de nouvelles connexions.

 

Les exercices musicaux développent l’hémisphère gauche (langage) et favorisent la mémoire et la réalisation de tâches spatiales.

 

La musique a aussi une influence sur notre état émotionnel, sachant que les études sur le pouvoir de l’évocation affective de la musique sont bien récentes.

 

La perception musicale liée aux émotions dépend de certaines variables, dont l’expérience émotionnelle spécifique de chacun.

 

Cependant, selon certaines recherches faites aux instituts de musique et d’apprentissage de Paris (IRCAM) et de Dijon (Lead), les réactions émotionnelles des individus sans formation musicale et de musiciens sont asses semblables.

 

On sait aussi que, quand nous avons des réactions émotionnelles (peur, joie, tristesse), notre corps réagit, par le système nerveux central, avec une accélération des battements cardiaques, une augmentation de la transpiration, un refroidissement de la peau, etc.

 

De fait, la musique produit des réactions physiologiques dont l’amplitude semble dépendre du contenu émotionnel. Ainsi, la perception musicale englobe de nombreuses variables et commence avec l’entrée du son dans nos oreilles, suit un chemin et ensuite se disperse dans différentes aires de notre cerveau, comme dans tout notre corps au travers de nos réactions émotionnelles et physiologiques.

 

La musique est un instrument de dialogue non verbal et fait partie de la culture humaine depuis les temps primitifs.

 

Percevoir la musique de cette façon si complexe et pleines de variables fait partie de notre vie en tant qu’humains. Elle est innée, elle est pure énergie qui déclenche des processus profonds de transformation personnelle. Des processus qui affectent non seulement l’univers intérieur de l’homme lui-même mais aussi l’Univers qui nous entoure dans toutes ces manifestations.

 

Pouvoir vibrationnel

In principium erat verbum, ceci est au début du premier chapitre de l’évangile selon Saint-Jean, et qui fut traduit comme « Au commencement était le verbe », ou « Au commencement était la parole ».

 

Cependant, en pensant mieux, on a traduit « verbum » par le Son ou le Chant. Notre argumentation est basée sur la tradition immémoriale selon laquelle le Créateur s’est montré comme un chant infini et la cristallisation de ce chant était la Création. A partir de cette idée, on comprend la pensée de Pythagore selon laquelle la structure de la musique primitive serait suffisante pour expliquer la structure de l’Univers. Ainsi, l’étude de la musique devient la clef de la connaissance du Cosmos.

 

Notre nature est vibratoire, nous sommes constitués d’atomes – molécules et le son est l’essence vibratoire de la totalité de la vie. Nous avons besoin de mouvement pour survivre, l’impulsion et la stimulation sont les plus pures expressions de l’existence de la vie.

 

La musique est une habileté innée de l’être humain qui nous permet d’atteindre des niveaux plus profonds de connaissance de soi et de transformation, afin de nous fournir une santé parfaite et un bien-être. La musique est l’art de combiner des sons définis.

 

Selon Novalis, poète allemand, l’homme est un être qui possède génétiquement toutes les harmonies et résonances de l’univers. Même avant de naître, même dans le ventre de sa mère le fœtus entre déjà en contact avec l’univers sonore : voix des personnes, sons produits par des objets, sons de la nature, sons des rythmes biologiques de la mère, du bercement de la mère, de ses propres sons, etc.

 

Selon Howard Gardner, l’intelligence musicale est la première intelligence qui apparaît chez le nouveau-né. Le fœtus écoute à partir de la 24ème semaine dans l’utérus les sons musicaux et non musicaux ; à deux mois il accompagne la hauteur, l’intensité et le contour mélodique des chansons maternelles ; à quatre mois il imite la structure rythmique, joue de façon créative et générative ; à deux ans il improvise des chansons et des rythmes et à trois/quatre ans il chante des musiques populaires de son groupe social mais diminue l’improvisation et l’exploration des sons.

 

La musique a toujours été liée à la vie de l’être humain. L’homme primitif dansait déjà, en plus des instruments qu’ils utilisaient pour émettre des sons et former une musique, ils chantaient. Dans les civilisations anciennes, tout être qui possédait de la musicalité, principalement le rythme, était intimement lié au divin, à l’illumination, à la guérison. Cependant, le temps passant, l’homme perdit sa capacité d’harmonie en vivant dans ce monde, chaque fois plus chaotique et désintégrant. Il y a urgence à récupérer cet homme profondément musical puisque la musique est une caractéristique innée.

 

De récentes recherches révèlent que les personnes sans formation musicale reconnaissent un accord, une mélodie inachevée ou des variations sur un thème aussi bien qu’un musicien professionnel.

 

Ainsi, nous pouvons exprimer le rythme, danser la mélodie et nous abandonner à l’harmonie qui sont des éléments de base de la musique.

 

Le rythme fait partie de tout ce qui existe dans l’univers, il est la pulsation vibratoire, il est l’impulsion, il est l’essence de la vie. Il existe dans la nature, dans la vie humaine, animale et végétale, dans les fonctions organiques de l’homme, dans ses manifestations corporelles, dans l’expression intérieure extériorisée par le geste, dans n’importe quel mouvement. Il y a des combinaisons infinies qui ont différentes durées et/ou des combinaisons variées sous différentes formes de mouvement, alternant avec d’innombrables formes de repos.

 

La mélodie nous permet de reconnaître la composition jouée. Elle est représentée par les figures et les symboles musicaux qui déterminent l’allure, la tonalité et l’intention mélodique du compositeur.

 

L’harmonie est la succession simultanée et combinée des sons, ajustés à un rythme et une mélodie. L’harmonie améliore le sentiment que le compositeur a exprimé en composant la musique. Elle définit la mélodie et perfectionne le son.

 

Si nous avons génétiquement toutes les harmonies de l’univers, notre corps se transforme alors en véhicule d’expression musicale, avec les atomes formant les cellules qui sont notre corps, avec ses électrons en mouvement constant qui émettent des ondes électromagnétiques. La fréquence de ces ondes est mesurable et variée en fonction de la structure du corps. Les cellules qui ont les mêmes niveaux de fréquences se combinent pour former les différentes structures et systèmes qui forment un tracé intégral de notre existence physique. Chaque structure est une harmonie de cellules, grâce auxquelles elle est formée et maintenue. On peut donc dire que le son crée les structures du corps et si chaque objet de la nature a sa propre fréquence vibratoire naturelle qui est déterminée par la taille, le format et le matériel dont il est fait, alors nous avons besoin d’être attentif à toues les formes de résonances présentes dans notre milieu puisque, nous serons profondément affectés par la concordance ou la discordance fréquentielle, tant en bien qu’en mal.

 

Références bibliographiques

Purves, Dale (collectif). Neurosciences. De Boeck , 2005.

Lent, Roberto. Cem Bilhões de Neurônios - Conceitos Fundamentais de

Neurociências. Rio de Janeiro: Atheneu, 2001.

Guyton e Hall. Fisiologia Humana e Mecanismos das Doença. Rio de

Janeiro: Guanabara Koogan, 1998.

Montello, Louise. Inteligência Musical. São Paulo: Cultrix, 2002.

Dewhurst-Maddock, Olivea. La thérapie par les sons. Courrier du livre, 1995.

Jourdain, Robert. Música, Cérebro e Êxtase. Rio de Janeiro: Objetiva, 1998.

Daniel, Adria. Bio-engenharia do Universo Construto da Acústica ao

Movimento Biodançante. Trabalho de Conclusão de Curso de Formação de

Facilitador de Biodanza. Porto Alegre, 2008

 

Haut de page

Article du mois d'avril 2012
 

Intelligence affective et éducation biocentrique par Ruth Cavalcante

 

Rolando Toro propose que l’éducation biocentrique crée des mécanismes pour développer l’intelligence affective quand il affirme :

« En réalité, l’intelligence fait partie de toutes nos fonctions et de notre histoire existentielle. Nous ne pensons pas qu’avec le cerveau, mais avec tout notre corps. (…) Je pense que le facteur permanent qui intègre et structure l’intelligence en tant que fonction globale est l’affectivité. (…) L’intelligence affective n’est pas un type spécial d’intelligence. Toutes les formes différenciées d’intelligences : motrice, spatiale, mécanique, sémantique, sociale, etc. ont une source commune : l’affectivité. » (Toro, fascicule du module d’éducation biocentrique)

 

Dans l’éducation biocentrique l’accent principal n’est pas mis sur l’intelligence, mais sur l’articulation entre elle et l’organisme comme un tout, le corps, le désir et le plaisir en lien amoureux avec l’autre intégré à la totalité. Pour Rolando, l’éduqué est le sujet du processus éducatif car il n’y a pas de dichotomie entre les aspects cognitif et affectif. L’intelligence affective favorise une relation dynamique agréable dirigée vers l’acte de se connaître soi-même, de connaître l’autre, de connaître l’univers, où le savoir entre par les sens et pas seulement par l’intellect.

 

La base du développement de l’intelligence affective est donc le renforcement des liens, construisant un noyau existentiel qui génère une force qui donne l’impulsion à notre existence. Ceci rend la personne capable de créer un noyau existentiel, de pouvoir écouter ses émotions et ses sentiments, de savoir ce qu’elle désire, quelles sont ses besoins réels, reconnaître quel est son chemin et créer des conditions pour le suivre.

 

Rolando Toro nous montre très clairement la différence entre émotion et affect dans le tableau suivant :

 

EMOTIONS

AFFECTIVITE

1. Les émotions sont transitoires et se reproduisent dans l’ici et maintenant 1. L’affect dure dans le temps

2. Elles surgissent face à un stimulus spécifique (agréable ou désagréable)

2. Elle a une évolution lente à partir des affinités profondes

3. Elles ont une forte composante instinctive-vivencielle 3. En plus de la composante instinctive-vivencielle, elle a des éléments de conscience et une élaboration symbolique
4. Elles ont des modèles expressifs, neurophysiologiques (expression faciale, posturale et respiratoire) 4. A une forte composante introspective qui ne s’exprime pas par des modèles physiques
5. Ont tendance à se manifester par la motricité ou par le système neurovégétatif (sympathique et parasympathique)

5. Se manifeste à des niveaux somatiques profonds de l’inconscient collectif et de l’inconscient vital

6. Les émotions ne génèrent pas l’intelligence, mais des comportements spontanés et une prise de décisions rapide 6. L’affectivité génère l’intelligence relationnelle, l’amitié, la tendresse et la compassion
7. Les émotions n’induisent pas l’empathie mais l’expressivité et la contagion psychique 7. L’affectivité est la base de la connexion authentique
8. Les émotions renforcent l’égo 8. L’affectivité donne accès à la transcendance (transcende l’égo)
9. Les émotions fondamentales (basiques) sont : la rage, la peur, la joie et la tristesse 9. L’affectivité s’exprime par l’amour, l’amitié, l’empathie, la solidarité et la conscience éthique
10. Les émotions induisent des attitudes de rejet ou d’attraction 10. L’affectivité induit des sentiments adaptatifs d’acceptation, d’engagement et de générosité
11. Les émotions ont leur représentation anatomo-physiologique dans le système intégrateur adaptateur limbique hypothalamique (SIALH). L’activité de l’amygdale se projette directement sur la musculature sans d’abord passer par le cortex cérébral 11. L’affectivité a une fonction plus complexe. Elle se régule dans le système limbique-hypothalamique. Elle est connectée à la fonction d’enregistrement permanent et à l’évocation de la mémoire, à l’élaboration corticale des valeurs, à la conscience éthique, aux structures symboliques de l’inconscient collectif (archétypes) et aux variations endothymiques de l’humeur (inconscient vital)

 

 

En étudiant ce parallèle entre émotion et affect nous pouvons aussi déduire quel est le centre de la proposition de Goleman sur l’intelligence émotionnelle et de celle de Toro sur l’intelligence affective. Alors que la première est un exercice pour apprendre à avoir le contrôle sur les émotions et dépend de la perception de chacun de nous, la deuxième concerne l’histoire vitale, les cellules, donnant les conditions pour percevoir la relation avec la vie car notre organisme existe parce que l’univers existe et c’est pour cela que nous parlons d’être cosmique, et pas seulement dans un sens métaphorique.

 

Notre action dans le monde est impulsée par notre besoin d’affect, de tendresse, de beauté, en lien avec l’intelligence affective. Celle-ci a en elle des composantes organiques héritées génétiquement par chacun de nous, différenciant une personne de l’autre par la possibilité de la développer ou non. Selon Rolando Toro :

« La genèse biologique de la ligne de l’affectivité est en relation avec l’instinct de solidarité à l’intérieur de l’espèce : les impulsions grégaires, les tendances altruistes et les rites sociaux. La biologie cellulaire démontre l’existence de vraie communauté de cellules qui intègrent quelques opérations biochimiques de « coopération » entre elles. Les systèmes vivants sont de puissants mécanismes de cohérence dans lesquels fonctionnent les principes d’affinité, de rejet, et dans lesquels chaque partie se met au service de l’unité biologique. » (Toro, 2006)

 

La base de notre méthodologie est donc la vivencia qui a une fonction médiatrice dans le processus d’apprentissage. Elle est différente de l’expérience qui traite un objet d’études ou un apprentissage. L’expérience est accumulative, il peut y avoir vivencia ou non. La vivencia n’a pas la fonction de connaissance, elle ne se propose pas comme un lieu de connaissance ; elle a un sens en elle-même et porte en elle la possibilité de former une nouvelle attitude face à l’apprentissage proprement dit et sans l’expression et l’impression d’une sensibilité élevée ; c’est un instant où la personne s’exprime et le processus s’imprime en elle. La vivencia est la formation de liens intenses, avec soi-même, avec l’autre et avec la totalité. La vivencia a surtout beaucoup d’importance dans la capacité de s’entendre et d’entendre l’autre et la réalité. Elle re-signifie et revalorise l’apprentissage, développant de nouvelles manières d’apprendre par les émotions et les sentiments. Elle amplifie le processus pédagogique pour un processus de vie. Nous entendons souvent des déclarations de participants de nos cours parlant de transformations existentielles survenues à partir de ceux-ci. Ceci démontre qu’une signification importante de l’apprentissage est de se transformer soi-même et de transformer le monde et non d’établir des mécanismes de contrôle.

 

L’affectivité est liée à la dite protovivencia qui est la vivencia initiale de la vie humaine liée à la faim, à la nutrition, au besoin de protection par le contenant et la chaleur humaine, ainsi que par la communication avec les personnes.

 

PROTOVIVENCIA LIGNE DE VIVENCIA EMOTION ET SENTIMENT EXPERIENCE EVOLUTIVE

Mouvement

Energie vitale

Vitalité

Joie

Elan vital

Enthousiasme

Autonomie

Contact

Caresses

Sexualité

Désir

Plaisir

Fusion orgasmique

Volupté

Liberté

Expression

Curiosité

Créativité Exaltation créative

Création artistique

Création scientifique

Protection (sécurité)

Nutrition (aliment)

Affectivité

Tendresse

Amour

Amitié

Altruisme

Harmonie (relation harmonieuse avec le milieu ambiant)

Respiration libre

Transcendance

Béatitude

Sérénité

Extase

 

Source : La protovivencia et son développement évolutif (Toro, 2006)

 

Nous autres les éducateurs de Ceara qui avons déjà introduit l’éducation biocentrique à nos pratiques pédagogiques, dans une construction collective, avons donné corps à ses présupposés théoriques. Je présente ici une synthèse de la systématisation élaborée par moi et Marcos Cavalcante :

 

Rôle de l’école ou de l’organisation

-          Eveiller chez l’être la connexion avec la vie en élargissant la conscience écologique

-          Rééduquer pour la vie en cultivant l’affectivité

-          Assumer un engagement avec la vie : solidarité comme une nouvelle vision éthico-politique

-          Faciliter l’expression créatrice

-          Renforcer l’identité : autonomie pour l’exercice de la citoyenneté

-          Favoriser l’apprentissage réflexif-vivenciel

 

Contenus de l’enseignement – apprentissage

-          Construction de la connaissance orientée par le principe biocentrique (qui surpasse le principe anthropocentrique)

-          Différentes sagesses au service des fonctions primordiales de la vie

-          Appropriation de la technologie au bénéfice de la vie

-          Corporéité vécue – la mémoire du corps

-          La poésie et l’art en interconnexion avec les sciences

-          Perception amplifiée par l’écologie profonde

-          Reconnaissance et expression des émotions légitimes

-          Culture de l’affectivité

-          Expansion de la conscience morale et éthique par la conservation de la vie

-          Découverte progressive de l’autre dans l’interconnexion des systèmes

-          Renforcement de la spiritualité orientée par l’amour

 

Méthode de l’enseignement – apprentissage

-          Construction de la connaissance par l’intermédiaire du dialogue au service de la vie

-          Apprentissage auto-découverte

-          Vivencias intégrantes des émotions légitimes facilitées par le triangle : musique, mouvement et émotion

-          Expression des potentiels créatifs dans la relation dynamique entre l’art et la science

-          Lien avec le milieu ambiant

-          Culture des rituels de lien : avec soi-même, avec l’autre et avec la totalité

-          Eveiller l’esprit à la solidarité et à la cohabitation amoureuse

-          Coopération comme processus de base dans la socialisation

-          Le chemin de l’apprentissage se construit dans l’interaction vivencia – réflexion

-          L’amour comme source de reliance avec la vie

-          Adoption du principe de la progressivité

-          Apprendre à connaître par l’autopoïèse

 

Relation éducateur – éduqué

-          Interaction orientée par la conscience éthique

-          Relation horizontale, circulaire et transdimensionnelle

-          L’éducateur comme médiateur dans la construction de la connaissance et l’éduqué comme sujet de l’apprentissage

-          Relation dialogique et amoureuse

-          Coopération affective et apprentissage mutuel

-          Relation empathique et culture du lien

 

Présupposés de l’apprentissage

-          Action pédagogique basée sur le principe biocentrique

-          Expression de l’identité ‘révélation de soi – différenciation et intégration)

-          Processus d’apprentissage en groupe renforcé dans la conscientisation affective

-          Culture des énergies organisatrices, conservatrices et créatrices du mouvement – vie

-          Le lien comme dimension qui donne l’impulsion aux structures cognitives pour un apprentissage auto-découvert

-          La vivencia comme point de départ autorégulateur dans le processus d’apprentissage renforcé par le plaisir

-          Avoir pour base les canaux d’expression des potentiels génétiques (lignes de vivencias : vitalité, sexualité, créativité, affectivité, transcendance)

-          La multidimensionnalité comme processus de construction de la connaissance dans ses dimensions physique, biologique, mentale, psychologique, spirituelle et socioculturelle

-          Le corps en mouvement : rythme, mélodie et harmonie

-          La perception de la réalité objective et orientée par la relativité et la complexité

-          Le principe néguentropique de l’amour et de l’illumination : autorégulation, autonomie et auto-évolution.

 

La transformation que la planète vit aujourd’hui et conséquemment les transformations par lesquelles passe l’éducation a été préparée depuis longtemps et particulièrement dans les années soixante du 20ème siècle, période que je considère avoir également été celle de ma préparation en tant qu’éducatrice biocentrique. J’entre dans le nouveau millénaire avec optimise et disposée à apprendre chaque fois plus avec les enfants, à vivre la joie dans l’éducation, me souvenant de Ruben Alves : « Le maître naît de l’exubérance de la joie. Et, c’est pour cela même que quand ils sont interrogés sur leur profession, les professeurs devraient avoir le courage de donner une réponse absurde : - je suis un berger de joie… mais, il est clair que seuls leurs élèves pourraient vérifier la véracité de leur déclaration… »  Je souhaite cultiver la joie et l’éveiller chez mes élèves parfois  pas habitués du tout à l’expérimenter. J’aimerais leur dire et à moi aussi que la joie est la plus grande manifestation de l’amour de la vie.

 

Je comprends que la viabilité de l’application pratique de cette approche psychologique est directement liée au changement d’attitude de la part des éducateurs, étant entendu que nous ne considérons pas ici que les professeurs mais tous ceux qui luttent avec les actions humaines ; en ce sens, l’éducation biocentrique suggère une attitude critique et bienveillante permanente dans sa pratique quotidienne au travers d’une simple question : « Mon attitude est-elle en train de générer de la vie ? » Elle suggère aussi de systématiser sa pratique pédagogique dans une perspective affectivo-critique, en intégrant la pensée, le sentir et l’action en une seule totalité allant dans le sens de l’auto-transformation et de la transformation solidaire de la réalité sociale.

 

Par l’éducation biocentrique, nous souhaitons récupérer le plaisir dans l’activité intellectuelle, la passion pour les sciences, l’action créative et poétique, le dialogue critique et le lien amoureux dans le quotidien de l’élève et de l’éducateur. Quand nous arriverons à une éducation ludique entre la théorie et la pratique au travers de la méthodologie réflexivo-vivencielle, nous aurons établi le chemin de la formation intégrale et complète de l’éducateur en recherche d’une éducation transcendante dans laquelle on perçoit l’autre côté de la réalité en pouvant capter la profondeur de la vie en union et réunion  avec le système vivant qui forme la grande trame de la vie. Notre engagement a toujours été de former des éducateurs d’une manière plus large en considérant toutes les dimensions de l’existence humaine, les aidant à conscientiser leur tâche en tant que sujets actifs et créatifs dans leur processus d’auto-transformation et de transformation de la réalité, en éveillant chez eux la conscience et la dignité en tant que personne humaine et en développant le sentiment d’engagement, de solidarité avec l’humanité et avec la planète. Cette conscience implique un changement d’attitude et de comportement en lien avec soi-même, avec l’autre et avec le monde. Elle implique aussi la découverte de sa valeur en tant qu’être historique. Que notre action pédagogique soit un instrument de notre libération car nous sommes fruits de notre propre histoire, de nos décisions.

 

Haut de page